Rassemblement samedi 19 décembre
15h – Place Imbach devant la bourse du travail
Suite aux terribles attentats du 13 novembre dernier, la
situation sécuritaire et répressive a pris une dimension particulière en
France. Interdictions de manifestations, perquisitions administratives,
gardes à vue : l’usage politique fait par le gouvernement de l’état
d’urgence a conduit ces derniers jours à la multiplication des
interventions dans les quartiers populaires et auprès de personnes
musulmanes ainsi que dans des milieux militants – notamment écologistes
ou de soutien aux migrant-e-s – et à de nombreuses assignations à
résidence pour des motifs politiques.
Le 14 novembre 2015, l’état d’urgence a été instauré en France pour
une durée de trois mois reconductible. A travers ce vote, les députés
ont mis en route un engrenage sans fin qui comme pour le plan «
Vigipirate », risque de n’être jamais interrompu.
Le 24 novembre, le gouvernement a informé le Conseil de l’Europe de « sa
décision de déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme »,
donnant de nouveaux pouvoirs à la police en matière de perquisitions,
surveillance électronique, et ce, sans avoir à passer par un juge.
Cette situation est inquiétante. D’autant plus que les motifs pouvant
être invoqués pour perquisitionner un domicile ou assigner une personne
à résidence dépassent de beaucoup la lutte contre le terrorisme
“djihadiste”, qui ne sert que de prétexte au déploiement de ces mesures.
Les premières victimes de cette répression sont les personnes
musulmanes ou considérées comme tel, qui sont devenu l’ennemi numéro 1,
alimentant ainsi la poussée des idées et des partis réactionnaires en
France.
Ces mesures permettent également, au gouvernement de s’en prendre aux
mouvements contestant sa politique, notamment à l’approche de la COP 21,
que ce soit des syndicats de salarié-e-s, des collectifs écologistes ou
de soutien aux migrant-e-s, la mesure phare étant d’interdire toute
manifestation pour éviter des troubles à l’ordre public !
Les milieux militants ont été ainsi régulièrement frappés au milieu des
2575 perquisitions, 311 interpellations, 273 gardes à vue, 453
procédures judiciaires et 354 assignations à résidence réalisées depuis
le début de l’Etat d’urgence, selon les chiffres donnés à la presse par
Manuel Valls le 11 décembre, combien pour actes de terrorisme?
Le gouvernement cherche à pratiquer la politique de la peur pour
museler les opposant-es à sa politique antisociale, allant jusqu’à
vouloir réduire le code du travail à sa plus simple expression, à
l’image du travail du dimanche, si « précieux » à l’approche Noël . Afin
d’asseoir sa politique internationale hyper agressive et guerrière, il
s’efforce de faire taire toutes les voix discordantes à l’union
nationale qu’il tente d’imposer, en interdisant toutes les
manifestations initiées par le mouvement social.
Dans ce contexte les affrontements du dimanche 29 novembre à Paris, ne
sont que la conséquence de l’interdiction de manifester formulée par les
autorités, leur donnant ainsi prétexte à réprimer les manifestant-es
ayant osé braver l’interdiction et se retrouvant interpellé-es par
centaines, sans compter les innombrables contrôles d’identités.
Une fois de plus, ces politiques répressives et antisociales, qui
visent à détruire les libertés et les droits fondamentaux, ne font que
le lit des idées d’extrême droite qui continuent à voir leur audience
grandir dramatiquement en France. Nous appelons l’ensemble de la
population, à venir se mobiliser pour la défense des libertés publiques,
celles d’aller et venir, de manifester, du droit de grève, etc. Cette
liberté d’expression à laquelle le gouvernement dit être attaché quand
il est sous le feu médiatique, et qu’il bafoue par-derrière.
Nous exigeons :
-L’arrêt immédiat de l’État d’urgence.
-Arrêt de toutes les procédures judiciaires (infractions aux
interdictions de manifestations et de rassemblements ou refus de prise
d’ADN, …) pour l’ensemble des militant-e-s inculpé-es depuis le début de
l’État d’urgence.
Premiers signataires : Des individu-e-s, Alternative Libertaire
49, CNT 49, Collectif Émancipation, L’Étincelle, Le 21, NPA 49, Réseau
Angevin Antifasciste, Union Syndicale Solidaires 49, Le Faux Chai, etc.
Tract au format PDF